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Type de personnalitéCe que les profils changent dans une équipe

Lire les profils · révisé le · 7 min

DISC de Marston : découvrez ce modèle de communication en entreprise

Un vieux réveil mécanique aux aiguilles usées
Un mécanisme ancien qui donne toujours l’heure.

Le modèle DISC est aujourd’hui associé à des questionnaires, des rapports colorés et des formations en entreprise. Son origine est pourtant très différente : elle tient à un seul homme, un psychologue américain qui n’a jamais conçu d’outil de ce genre. Cette page retrace qui était William Moulton Marston, ce qu’il cherchait à comprendre, ce que son livre avance, pourquoi il n’a jamais construit d’instrument de mesure, et comment un modèle né d’une théorie académique a fini par irriguer, des décennies plus tard, un usage très différent de celui que son auteur avait imaginé. Pour la présentation du modèle tel qu’il est utilisé aujourd’hui en entreprise — les quatre styles, le déroulement d’une passation, l’usage en équipe — la page consacrée à la méthode DISC détaille ces aspects. Ici, il s’agit plutôt de remonter à la source : un ouvrage académique publié en 1928, qui n’avait rien d’un manuel de management.

Qui était William Moulton Marston ?

William Moulton Marston est un psychologue américain, né en 1893 et mort en 1947. Il mène ses travaux durant la première moitié du vingtième siècle, à une époque où la psychologie s’organise encore largement autour de l’étude des comportements pathologiques et des troubles mentaux, dans la lignée de la clinique et de la psychiatrie. Sur ce point précis, Marston prend un chemin distinct de la psychologie clinique de son temps, en choisissant de s’intéresser à un tout autre terrain.

Retenir cette date de naissance et cette date de mort n’est pas un détail anecdotique : elles situent Marston dans une période bien antérieure à l’usage aujourd’hui très répandu du DISC en entreprise. Près d’un siècle sépare la publication de son ouvrage principal des questionnaires en ligne, des rapports colorés et des formations que l’on associe aujourd’hui à ce modèle — un écart de temps qui explique à lui seul une bonne partie des transformations que le modèle a connues entre-temps.

Une psychologie des émotions « normales », pas de la pathologie

Le choix de Marston consiste à étudier les émotions des gens ordinaires — ce qui les pousse à agir, comment ils réagissent face à leur environnement quotidien — plutôt que les troubles ou les dérèglements qui occupaient l’essentiel de la psychiatrie de son époque. Ce parti pris donne son titre à son ouvrage principal, publié en 1928 : Emotions of Normal People. Le mot « normal » n’y désigne pas une moyenne statistique, mais s’oppose explicitement à « pathologique » : Marston cherche à décrire comment fonctionne une personne qui n’est pas en souffrance psychique, dans ses réactions ordinaires face à ce qui l’entoure.

Ce choix a une conséquence directe sur la nature du modèle qui en est issu. Là où une théorie centrée sur la pathologie cherche à identifier ce qui ne va pas, Marston cherche à décrire ce qui fonctionne — une différence d’intention qui explique en partie pourquoi le DISC, aujourd’hui encore, se présente rarement comme un outil de diagnostic et davantage comme une grille de lecture du comportement au quotidien.

Ce que son livre avance

Dans Emotions of Normal People, Marston propose une théorie du comportement organisée autour de deux grandes questions : une personne perçoit-elle son environnement comme plutôt favorable ou plutôt hostile, et se sent-elle plus ou moins puissante face à lui ? En croisant ces deux axes, il distingue quatre grandes façons de réagir, dont les initiales donnent aujourd’hui les quatre lettres du DISC — la dominance, l’influence, la stabilité et la conformité.

L’ouvrage de Marston reste un texte théorique, écrit pour un public académique de son époque. Il ne contient ni questionnaire à remplir, ni grille de restitution, ni conseil pratique destiné à une entreprise : c’est une théorie du comportement humain, pas un manuel d’utilisation.

Cette théorie propose donc un cadre de lecture — deux axes, quatre façons de réagir qui en résultent — sans indiquer comment mesurer, chez une personne donnée, où elle se situe sur ces axes. C’est précisément cet écart, entre une idée théorique bien posée et l’absence de moyen de la mesurer, qui a ouvert la voie à tout ce qui a suivi. Le détail de ces quatre dimensions, telles qu’elles sont mises en pratique aujourd’hui en entreprise, avec un portrait de chaque style au travail, est présenté sur les pages consacrées à la méthode DISC et aux profils DISC.

Pourquoi Marston n’a jamais construit d’outil

C’est un point souvent ignoré : Marston lui-même n’a conçu ni questionnaire, ni code couleur, ni aucun instrument permettant de mesurer concrètement les quatre dimensions qu’il décrit. Son travail reste, de son vivant, une contribution théorique à la psychologie du comportement. Rien dans son ouvrage ne ressemble à ce que l’on appelle aujourd’hui un test DISC.

Cette absence n’est pas un simple détail d’histoire des idées : elle explique une bonne partie de ce que l’on observe aujourd’hui sur le marché des outils DISC. Puisque Marston n’a jamais déposé ni validé un instrument officiel unique, rien n’a empêché, par la suite, la multiplication de versions différentes, construites par des auteurs distincts, à des périodes différentes, sans qu’aucune ne puisse se réclamer d’un test DISC originel ou plus légitime qu’une autre.

Il n’existe donc pas, à proprement parler, de « vrai » test DISC dont les autres seraient des copies imparfaites. Chercher un tel instrument d’origine reviendrait à chercher quelque chose que Marston lui-même n’a jamais produit.

Comment le modèle lui a survécu

Les premiers instruments construits à partir des quatre dimensions décrites par Marston apparaissent après lui, notamment avec les travaux de Walter Clarke dans les années 1940. C’est à ce stade que la théorie académique de Marston commence à se transformer en outil réellement utilisable — un pas que Marston lui-même n’avait pas franchi de son vivant.

Cette transformation se poursuit ensuite par étapes successives, portée par des auteurs et des organismes distincts qui affinent le format du questionnaire et l’adaptent progressivement à un usage professionnel plutôt qu’académique. C’est cette histoire en plusieurs temps — une théorie publiée en 1928, puis des instruments construits après coup par d’autres que son auteur — qui explique pourquoi il existe aujourd’hui plusieurs versions du test DISC, sous des formes et des noms différents, sans qu’aucune ne descende directement d’un outil unique conçu par Marston lui-même.

Vu sous cet angle, le DISC que l’on rencontre aujourd’hui en entreprise doit autant, sinon plus, à ces développements ultérieurs qu’à Marston lui-même. Son nom reste attaché au modèle parce qu’il en a posé la théorie fondatrice, mais la forme concrète que prend un test DISC aujourd’hui — le questionnaire, le rapport, le débriefing avec un professionnel — est une construction bien postérieure à son œuvre, à laquelle il n’a pas pris part.

Une confusion fréquente : le DISC ne vient pas de Jung

Le DISC est parfois rattaché, à tort, aux travaux de Carl Jung sur les types psychologiques. Cette confusion vient probablement du fait qu’un autre modèle très connu en entreprise, le MBTI, s’inspire effectivement des travaux de Jung — ce qui n’est pas le cas du DISC. Le DISC suit une histoire distincte, propre à Marston et à ceux qui ont prolongé son travail après lui, sans lien direct avec la typologie jungienne des types psychologiques. Le MBTI et ses profils de personnalité reposent sur une tradition théorique différente, qu’il convient de ne pas mélanger avec l’origine du DISC.

FAQ

Qui a inventé le DISC ?

Le modèle DISC est attribué au psychologue américain William Moulton Marston (1893-1947), qui en pose les bases théoriques dans son ouvrage Emotions of Normal People, publié en 1928. Marston n’a toutefois jamais construit lui-même de questionnaire ou d’outil de restitution.

Marston a-t-il créé un test DISC ?

Non. Marston propose une théorie du comportement, pas un instrument de mesure. Les premiers questionnaires construits à partir de ses quatre dimensions apparaissent après lui, notamment avec les travaux de Walter Clarke dans les années 1940.

Pourquoi le mot « normal » dans le titre de son livre ?

Parce que Marston s’intéresse aux émotions et aux réactions des gens ordinaires, par opposition à l’étude des troubles psychiques qui occupait une large part de la psychologie clinique de son époque. Son ambition est de décrire un fonctionnement courant, pas de diagnostiquer une pathologie.

Le DISC descend-il des travaux de Carl Jung ?

Non, contrairement à une confusion fréquente. C’est le MBTI qui s’inspire des travaux de Jung sur les types psychologiques. Le DISC suit une origine distincte, propre à Marston et aux auteurs qui ont prolongé sa théorie.

Où trouver la présentation du modèle DISC tel qu’il est utilisé aujourd’hui ?

Sur la page consacrée à la méthode DISC, qui présente les quatre styles, le déroulement d’une passation et l’usage du DISC en équipe.

Le DISC utilisé aujourd’hui est-il fidèle à la théorie originale de Marston ?

Il s’en inspire dans son principe — les quatre dimensions restent les mêmes — mais les instruments concrets ont été bâtis par d’autres que lui, à partir des années 1940, avec des choix de formulation et de restitution qui n’engagent pas directement Marston. Ce que son livre avance et ce qu’un test DISC restitue aujourd’hui sont donc deux choses liées, mais distinctes.